Navigation 2015, semaine 4

Chers collègues,

Voici quelques pages lues la semaine dernière.

L’Elysée au chevet de la ministre de la Santé et des médecins, selon le Figaro.

Dans un entretien pour le site egora.fr et disponible ici, le député socialiste et médecin Gérard Bapt se montre très critique envers le projet de loi de santé, soulignant que si une large concertation a eu lieu, ses conclusions ne se retrouvent pas dans le texte du projet de loi. Il cite l’exemple de la commission mise en place par le gouvernement sur l’open data. Nous pourrions ajouter, celui, caricatural, de la mission Couty sur l’hôpital public appelée pacte de confiance avec les hospitaliers, dont les conclusions sont presque toutes passées à la trappe. La « confiance » ne peut qu’être rompue par ces concertations en trompe-l’œil. Pourquoi demander l’avis des personnes concernées par la loi si c’est pour proposer ce que souhaitent les bureaucrates de la santé ? Continuer la lecture

Anap, suite

 Pour information, un message reçu hier, à la suite du blog sur la fermeture d’une salle d’opération dans le service de gynécologie du CHU de Clermont-Ferrand :

« Bonjour à tous,

Juste un témoignage personnel sur l’ANAP. Ce service a été sollicité il y a quelques années pour étudier (après bien d’autres) un projet de fusion entre les activités d’onco-hématologie du CHU de Caen et du Centre de Lutte Contre le Cancer de la même ville, projet Ô combien légitime. Je passe sur le nombre de réunions aux heures les plus précieuses pour nos activités (privilégiant les horaires très fixes des personnels de l’ANAP). Après plusieurs mois de ces séances de « travail » où il fallait expliquer à ces chargés de mission en quoi consistait ces activités médicales (ce dont ils n’avaient aucune idée), j’ai fini par demander quelle était la formation de la responsable de la conduite de ce projet. Réponse:  architecte en situation de réorientation professionnelle… (!) Après réflexion, nous nous sommes convaincus que ce travail aurait pu  être mené avec plus d’efficacité et de rapidité si l’administration avait accordé quelque confiance aux personnels médicaux pour l’établir. Mais c’est probablement trop  présomptueux de notre part….

Michel Leporrier, PU-PH émérite »

Plutôt que les salles d’opération, fermons l’ANAP

Chers collègues,

Le Pr Michel Canis, de réputation internationale, a été inteviewé par La Montagne car une deuxième salle d’opération vient d’être fermée dans son service sur décision administrative à la suite des recommandations de l’Agence nationale d’appui à la performance  (Anap), créée par la loi HPST. Le Pr Canis explique l’absurdité de cette décision prise pour des raisons d’économies mais qui va engendrer des pertes par baisse d’activité.

Extraits :  « Quel est votre sentiment aujourd’hui ? Je ressens de la tristesse, de la colère et de la honte. Tristesse de voir dégrader un si bel outil qui nous avait permis d’être classés comme l’un des meilleurs services de chirurgie gynécologique de notre pays. Continuer la lecture

En lisant et en naviguant

Chers collègues,

Qelques pages remarquées ces trois dernières semaines :

2015, semaine 1

Nos propositions dans le JDD.

Une tribune d’André Grimaldi et Frédéric Pierru dans le Huffington Post sur la grève des médecins et les vrais enjeux de la loi de santé.

L’Etat prédateur : illustration avec la loi de santé, selon J.-P. Devailly.

Comment va s’organiser la surveillance des documents informatiques : une analyse du décret de l’article 20 de la loi de programmation militaire.

Les ivresses comptent pour 30 % des admissions aux urgences du NHS, qui sont donc une vaste et coûteuse chambre de dégrisement. Continuer la lecture

Où suis-je, où vais-je, où cours-je, dans quel état j’erre ?

Chers collègues,

Depuis 2012, date de son arrivée avenue de Ségur, la ministre de la Santé multiplie les groupes de travail, les concertations, les consultations, les missions, les groupes de réflexion, les réunions en régions, les rencontres formelles et informelles, tout cela pour que finalement son cabinet élabore un projet de loi faisant la quasi-unanimité contre lui.

Il serait trop long de retracer toutes les étapes de cette gigantesque et stérile entreprise. Ces semaines dernières se sont constitués deux fronts d’opposition, celui des libéraux et celui des hospitaliers, après la fronde des urgentistes et celle simultanée des cliniques privées, frondes vite étouffées sous les promesses, et avant la fronde des internes qui se profile à l’horizon. Bien entendu, de nouvelles commissions et de nouveaux groupes de travail ont été annoncés pour réécrire la loi : le ministère a inventé le mouvement d’écriture perpétuel.

Cette activité rédactionnelle impossible à arrêter se fait dans une confusion lexicale assez déconcertante. Les cliniques privées revendiquent les mêmes droits et les mêmes financements que l’hôpital public, dans le cadre du « service public hospitalier » qui pourrait les réunir sous un même label. Par ailleurs, le « service territorial de santé au public » (sic !) s’organiserait sous la férule des Agences régionales de santé, mais à partir des libres initiatives venues du terrain, pour définir les « parcours de soins » au sein des « territoires », les mots magiques du moment.

Plutôt que de proposer des amalgames douteux, un vocabulaire abscons et de nouvelles usines à gaz, ne faudrait-il pas mieux appeler un chat un chat, et les cliniques privées les cliniques privées, la médecine libérale la médecine libérale, l’hôpital public l’hôpital public, etc. ?

Amitiés et bon courage.