Examen de passage

Chers collègues,

2015 s’éloigne, 2016 commence. Examen de passage en surfant sur le net.

1er décembre 2015 : Science Europe publie un rapport sur l’intégrité scientifique (voir ici l’analyse de Hervé Maisonneuve).

2 décembre : un excellent article de Charlotte J. Haug dans le NEJM sur la prise en charge des victimes des attentats du 13 novembre à Paris (voir ici).

4 décembre : les vapoteurs interpellent Marisol Touraine (voir ici).

5 décembre : The Economist rend compte d’un sommet international consacré aux implications éthiques des progrès considérables accomplis dans les possibilités de modification du génome grâce au système CRISPR-Cas9 (voir ici).

7 décembre : les faiblesses de la revue par les pairs avant publication décrites par le site Vox.

9 décembre : the Commonwealth Fund publie une évaluation du système de santé américain à l’aide de 42 indicateurs. Il note une amélioration de l’accès aux soins grâce en grande partie à l’Obamacare, mais la persistance d’une grande inégalité de performance selon les états (voir ici).

11 décembre : le site DC’s Improbable Science explique l’effet placebo par l’amélioration spontanée et la régression à la moyenne (voir ici).

12 décembre : la revue par les pairs après publication doit-elle être anonyme ? Il y a du pour et du contre (voir ici).

15 décembre : lors de son intervention aux Bernardins dans le cadre de la soirée « Questions de médecine » consacrée à l’évaluation des politiques de santé, notre collègue Laurent Degos a insisté sur deux modes d’évaluation des soins appelés à se développer, les Patient Reported Outcome Measures (PROMs) et les Patient Reported Experience Measures (PREMs), bien meilleurs que l’évaluation actuellement prédominante fondée sur les procédures davantage que sur les résultats (voir par exemple ici).

17 décembre : les algorithmes servent aussi à écrire des articles (voir ici).

Martin Shkreli, le dirigeant de Turing Pharma, qui avait fait scandale en augmentant de façon considérable le prix de certains médicaments anciens, a été arrêté pour fraude dans une autre affaire (voir ici).

D. Sommers commente les premiers résultats de l’Obamacare dans le NEJM : beaucoup a été fait pour garantir un meilleur accès aux soins et une meilleures couverture assurantielle des Américains, mais beaucoup reste à faire.

18 décembre : The Economist publie un bel essai sur ce que l’on peut supposer de la vie intérieure des animaux (voir ici).

La rubrique « What was fake on the Internet this week » du Washington Post prend fin (voir ici).

20 décembre : le site Vox se penche sur l’intérêt du paquet de cigarettes neutre mais portant des images aversives tel qu’il est instauré en Australie (voir ici) et comme il devrait l’être bientôt en France et dans d’autres pays (voir la liste ici).

21 décembre : le Monde nous apprend que neuf millions de médicaments contrefaits ont été saisis en Asie lors d’un vaste coup de filet (voir ici).

La BBC révèle que dans neuf hôpitaux anglais sur dix, le nombre d’infirmières est insuffisant et décrit les efforts du NHS pour en recruter (voir ici).

22 décembre : le blog Rédaction médicale et scientifique nous apprend que seuls 2/3 des essais de s nouveaux médicaments (FDA) de 2012 ont été rendus publics, alors que la réglementation impose de les publier tous (voir ici).

4 janvier 2016 : voir ici un plaidoyer pour le deuxième avis.

6 janvier : Stephen Hawking annonce tout simplement la fin de l’humanité, qui n’a d’autre ennemi qu’elle même. Une solution : coloniser l’univers (voir ici).

12 janvier : le professeur Noël Garabédian est élu président de la commission médicale d’établissement de l’AP-HP. « La qualité de vie au travail sera l’une des priorités d’actions de la CME » , a-t-il déclaré dès son élection. Il a ajouté que les médecins ne devaient pas se prendre pour des administratifs, ni les administratifs pour des médecins. Belle doctrine et beau projet !

La grève des jeunes médecins anglais, une première depuis 40 ans, est très suivie (voir ici).

14 janvier : alors que sont reçus à l’examen classant national des candidats de faible niveau, incapables d’assurer leurs fonctions d’internes une fois affectés dans telles ou telles région et spécialité en fonction de leur rang de classement, sur son blog PerrUche en Automne, un confrère déclare : « J’ai la faiblesse de croire que la médecine commence au lit du patient. J’ai une plus grande faiblesse encore, celle de croire que la vraie médecine personnalisée est celle de l’écoute avant d’être celle de la technicité. C’est probablement pour ça que la médecine n’est pas un métier tout à fait comme un autre, entre grande trivialité et immense complexité. C’est pour ça que c’est beau, savoir partager le savoir que nous avons acquis pour aider le mieux possible les individus malades. Si nous ne savons pas écouter, si nous ne savons pas examiner, nous ne saurons jamais soigner. »

15 janvier : limites et dangers des parcours de soins en oncologie selon les cancérologues américains (voir ici).

18 janvier : Bernie Sanders, candidat à l’investiture démocrate pour la prochaine élection du président des Etats-Unis prône un système de santé à un seul payeur. Irréaliste lui répond Paul Krugman, soutien de Hillary Clinton (voir ici les arguments de P. Krugman).

19 janvier : le Monde brosse le portrait de notre confrère (et ami) Dominique Dupagne, pionnier de la médecine 2.0.

20 janvier : le Conseil d’analyse économique publie une note sur la protection sociale signée Antoine Bozio et Brigitte Dormont (voir leur diagnostic et leurs propositions ici).

La Cour des comptes rend public son rapport sur l’hospitalisation à domicile, qu’elle souhaite encourager.

21 janvier : le Conseil constitutionnel a déclaré non conforme à la constitution une partie du dispositif législatif instaurant le tiers payant généralisé pour les dépenses médicales de ville (voir décision ici ; extrait : « Considérant (…) que, toutefois, ni les dispositions contestées ni aucune autre disposition ne prévoient des mesures équivalentes en ce qui concerne l’application du tiers payant aux dépenses prises en charge par les organismes d’assurance maladie complémentaire en vertu des dispositions du 4° du paragraphe I de l’article 83 ; qu’en se bornant à édicter une obligation relative aux modalités de paiement de la part des dépenses prise en charge par les organismes d’assurance maladie complémentaire sans assortir cette obligation des garanties assurant la protection des droits et obligations respectifs du professionnel de santé et de l’organisme d’assurance maladie complémentaire, le législateur a méconnu l’étendue de sa compétence ; que, dès lors, les mots « et sur celle couverte par leur organisme d’assurance maladie complémentaire » et les mots « ainsi que les organismes d’assurance maladie complémentaire, pour le bénéfice de l’article L. 871-1 du code de la sécurité sociale, » figurant au 4° du paragraphe I de l’article 83, sont contraires à la Constitution ».). C’est une défaite pour le gouvernement et ses alliés mutualistes.

22 janvier : les profits des alcooliers repose sur une petite fraction de la population (voir ici les chiffres pour l’Angleterre).

23 janvier : les jeunes médecins anglais grévistes de plus en plus populaires (voir ici).

25 janvier : un bel article sur l’autisme dans The New Yorker.

Le Conseil national de l’Ordre des médecins publie les résultats de la consultation menée fin 2015 auprès du corps médical et les propositions qu’il en a tirées (voir ici le document du Conseil de l’Ordre, ici un article de la Croix sur ce sujet et du Figaro). Prudent, le Conseil de l’Ordre ne va pas jusqu’à proposer d’interdire les réunions inutiles et de supprimer les tâches administratives superflues, ce qui dégagerait pourtant beaucoup de temps soignant supplémentaire.

26 janvier : l’open-access à prix raisonnable, c’est possible si les comité de rédaction prennent leur destin en mains et quittent les « grands éditeurs », selon The Atlantic.

28 janvier : un décret institue la commission des conditions de travail commune aux personnels de direction de la fonction publique hospitalière. Et les praticiens hospitaliers ?

29 janvier : comme en France, les restrictions budgétaires imposées au NHS font craindre pour la qualité des soins, puisqu’elles se traduisent par une insuffisance du nombre de personnels auprès des malades (voir ici). Pendant ce temps, en ville, les généralistes anglais sont au bord de la crise de nerfs (voir ici).

La pénurie de médicaments aux Etats-Unis met les médecins américains devant des choix impossibles (voir ici ; extrait : « In recent years, shortages of all sorts of drugs — anesthetics, painkillers, antibiotics, cancer treatments — have become the new normal in American medicine. The American Society of Health-System Pharmacists currently lists inadequate supplies of more than 150 drugs and therapeutics, for reasons ranging from manufacturing problems to federal safety crackdowns to drugmakers abandoning low-profit products. But while such shortages have periodically drawn attention, the rationing that results from them has been largely hidden from patients and the public. »). La veille à Marseille, un débat était organisé à l’Institut Paoli-Calmettes sur le prix des anticancéreux, dont le coût élevé est perçu comme une menace pour notre ssystème de santé (voir ici et ).

Notre collègue Bertrand Dautzenberg se déclare en faveur de la dépénalisation de la consommation de cannabis (voir ici). Il a des arguments solides.

30 janvier : la liberté académique doit être fermement défendue, en France comme ailleurs. Elle est en débat aux Etats-Unis. The Economist rapporte que plusieurs universités américaines ont adopté la Déclaration de Chicago qui en rappelle le principe (voir ici ; extrait : “It is not the proper role of the university to attempt to shield individuals from ideas and opinions they find unwelcome, disagreeable, or even deeply offensive,” it states. “Concerns about civility and mutual respect can never be used as justification for closing off discussion of ideas, however offensive or disagreeable.” The responsibility of a university, it concludes, is not only to promote “fearless freedom of debate”, but also to protect it. »).

Le fossé se creuse entre la qualité des écoles françaises de « management » et le « management » à la française (voir ici) : « Les jeunes diplômés, les cadres et les collaborateurs de tous niveaux, ne tombent guère en pâmoison devant la qualité du management des entreprises en France – pas plus que les experts et les économistes. Les uns et les autres pointent au contraire les lacunes, les excès et les errements de nos entreprises en la matière. Beaucoup jugent même que les relations internes et le « climat social » y sont plutôt moins bons que dans d’autres pays. »

Pour terminer, souvenons-nous de notre collègue Jean-Louis Mégnien, disparu dans des circonstances dramatiques le 17 décembre 2015. Il était cher au cœur de beaucoup d’entre nous.

Amitiés et bon courage.

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