Plutôt que les salles d’opération, fermons l’ANAP

Chers collègues,

Le Pr Michel Canis, de réputation internationale, a été inteviewé par La Montagne car une deuxième salle d’opération vient d’être fermée dans son service sur décision administrative à la suite des recommandations de l’Agence nationale d’appui à la performance  (Anap), créée par la loi HPST. Le Pr Canis explique l’absurdité de cette décision prise pour des raisons d’économies mais qui va engendrer des pertes par baisse d’activité.

Extraits :  “Quel est votre sentiment aujourd’hui ? Je ressens de la tristesse, de la colère et de la honte. Tristesse de voir dégrader un si bel outil qui nous avait permis d’être classés comme l’un des meilleurs services de chirurgie gynécologique de notre pays. Tristesse en pensant aux jeunes médecins, internes et assistants, dont la qualité de formation est compromise. On nous dit « les calculs ont été faits, vous pourrez opérer aussi longtemps ». Qui peut penser que la perte de ces salles ne va pas limiter notre activité et notre enseignement ? Colère aussi en pensant aux patientes dont les délais d’accès aux soins pourraient encore s’allonger et aux personnels du bloc opératoire dont les conditions de travail vont devenir plus difficiles. Honte que l’on puisse penser que je suis d’accord avec ces fermetures, que je les accepte sans rien dire, sans rien faire. Non, je ne pense pas que cela soit utile et indispensable. Oui, je pense que les dizaines de milliers d’euros que l’on prévoit d’économiser vont coûter bien plus si l’activité baisse. Honte de ne pas avoir su empêcher cela.”

“Votre équipe est internationalement connue, écoutée et respectée pour ses compétences en chirurgie endoscopique en gynécologie. Craignez-vous pour la pérennité de cette excellence ? Bien sûr, car je crains de voir limiter les possibilités de progrès de notre service. Deux blocs sur cinq ont été vidés de tous les instruments qui en faisaient un lieu d’excellence chirurgicale et technologique, que nous enviaient les visiteurs du monde entier venus en 2014, comme au cours des trente dernières années à Clermont, pour apprendre la chirurgie endoscopique en gynécologie. Or, on ne peut se satisfaire du seul maintien de l’existant. Si l’équipe dans laquelle j’ai grandi n’avait eu d’autre ambition que de répéter la chirurgie pratiquée par nos pères, croyez-vous qu’elle aurait mis au point les techniques qui ont révolutionné la prise en charge chirurgicale des femmes ?”

Ubu est plus que jamais roi dans les hôpitaux-entreprises !

Amitiés et bon courage.

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